Shisei

Le shisei est la posture. Qu’est-ce-que la posture ? Comment se traduit-elle en aikido ?

Le mot japonais shisei est composé de deux caractères (kanjis) :

  • Le premier – shi – est l’apparence, la forme, la silhouette.
  • Le second – sei – possède le sens d’impulsion, de force, d’inertie.

Assemblés, ces deux kanjis prennent le sens de posture, d’attitude. Dans les budos japonais, il faut comprendre attitude à la fois physique et mentale. Le shisei est donc tout autant un état intérieur qu’une forme extérieure.

On pourrait écrire bien des choses sur la posture dans les arts martiaux (certains arts s’occupent d’ailleurs presque exclusivement de posture…). Je me contenterai ici de « survoler » trois points seulement, mais qui me paraissent essentiels.


 

La position hanmi

En aikido, la position de base (la forme extérieure de la posture en quelque sorte) est appelée hanmi qui signifie littéralement moitié de corps. Les hanches ne sont pas de face mais de profil par rapport au partenaire. Les bras et les mains sont reliés aux genoux et aux pieds dans une position relativement ouverte appelée mugamae qui signifie absence de garde.

Budo001O sensei – mugamae

Cette forme possède un avantage martial assez évident : celui d’exposer peu de surface du corps (ainsi que ses parties vitales) à l’adversaire. On la retrouve également dans le travail des armes.


La structure

Le corps est relâché mais n’est pas mou, l’esprit est calme mais l’intention est présente. La difficulté de la posture se situe surtout à ce niveau là : trouver un état physique et mental permettant d’être présent et de pouvoir réagir instantanément et sans tension. Une posture correcte structure donc le corps de sorte que toutes ses parties soient reliées de manière souple et élastique. Elle permet ainsi de faire travailler le corps de manière globale, à partir du centre (hara).

En aikido, il n’y a pas de travail de posture proprement dit : c’est la pratique qui permet, petit-à-petit, d’améliorer la posture et donc les fondations de la technique. Dans la photo ci-dessous, on peut admirer l’attitude de Yamaguchi sensei qui garde, dans l’action, le corps droit, les épaules relâchées et le regard englobant complètement la situation.

seigo-yamaguchi-all-japan-10Yamaguchi Seigo


Le regard

Comme le suggère la photo précédente, le regard fait également partie de la posture. Dans les arts martiaux, on dit qu’il faut :

enzan no metsuke – Litt. « porter son regard sur la montagne lointaine ».

Cet adage décrit bien la façon de positionner son regard en aikido : bien-sûr on regarde droit devant soit mais de telle sorte à englober complètement le (ou les) partenaire(s). Les yeux ne sont donc pas fixés sur un endroit particulier (et surtout pas sur l’arme ou ce qui fait office d’arme) : les fixer ainsi fixerait également le corps (et l’esprit) ce qui n’est pas envisageable martialement.

tetsuzan-kurodaKuroda Tetsuzan – iaido

 

Pour terminer ce petit tour d’horizon, je vous laisse admirer le shisei de Yoshinobu TAKEDA, shihan 8e dan et ancien élève de Seigo YAMAGUCHI.

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