Qu’est-ce-que l’aikido ?

Il est bien difficile de répondre clairement et simplement à cette question très naturelle. Certes l’aikido est une pratique physique, corporelle et, en ce sens, au même titre que la boxe ou l’aviron, on peut tenter d’en dégager une définition basée sur des principes d’utilisation du corps et une gestuelle technique (la forme extérieure). Mais il faut bien garder à l’esprit que l’aïkido est une création : la création de Morihei Ueshiba. Cet homme remarquable a mis un nom sur son art et cet art est une synthèse personnelle sans cesse peaufinée, polie et améliorée tout au long d’une vie consacrée à l’étude et à la pratique martiale.

moriteru

Doshu Moriteru Ueshiba, petit-fils du fondateur

Avant le blabla, quelques images ne sont sans doute pas inutiles… Voici donc quelques vidéos d’aikido :

Morihei Ueshiba – fondateur de l’aikido

Mitsugi Saotome

Christian Tissier

Kenji Shimizu

Seishiro Endo

 

Les caractères japonais et la traduction littérale

En japonais, aikido s’écrit de la façon suivante :

 合  気  道

Trois kanjis (caractères japonais) composent le mot aikido :

合 qui se prononce « ai » et qui possède le sens de : accord, union, connexion, harmonie.

気  qui se prononce « ki » et qui signifie : énergie, esprit.

道  qui se prononce « do » et qui signifie : chemin, voie.

 Littéralement, on peut donc traduire aikido par la voie de l’harmonie des énergies mais cela reste encore assez obscur…

Le « do » de aikido

L’aikido fait partie de la famille des « budos » japonais comme le judo, le karatedo, le kendo (art du sabre), le kyudo (art du tir à l’arc), etc… Qu’est-ce-qu’un budo ? Eh bien, c’est ce que l’on appelle en général un art martial mais cette dénomination n’est pas la meilleure qui soit. Pratiquer un budo ne signifie pas simplement apprendre à maîtriser des techniques martiales, c’est plutôt s’engager sur une voie de développement personnel (physique et/ou spirituel) en utilisant l’art martial comme un moyen et non comme un but. Le fondateur lui-même n’a cessé, tout au long de sa vie, de s’entraîner encore et encore : pratiquer un « do », c’est accepter de ne jamais être arrivé…

 Le principe « aiki »

Les deux premiers kanjis d’aikido, je pense qu’il ne vaut mieux pas les séparer… « Aiki », c’est un principe, un fondement et c’est ce qui fait la particularité de ce budo. Ce principe, il n’est pas évident à définir non plus… c’est plutôt la pratique qui le fait émerger (ou non…). Néanmoins, on peut tenter quelques approches :

  • Dans « aiki » il y a l’idée de non-opposition : si l’on applique une force, ce ne sera jamais une force opposée à celle appliquée par le partenaire (et au même moment) ;
  • Dans « aiki » il y a l’idée d’harmonie mais d’abord avec soi-même : corps détendu, esprit calme sont des états nécessaires à une bonne pratique ;
  • Dans « aiki » il y a l’idée d’unification ou d’unité : le corps et l’esprit doivent être unis, la technique doit s’unir à l’attaque pour la contrôler ;
  • Dans « aiki » il y a enfin l’idée d’intégrité : l’énergie mise en jeu ne doit pas nuire mais « profiter » aux pratiquants, qu’ils soient dans un rôle de défense ou d’attaque (cette distinction n’étant d’ailleurs pas très claire en réalité).

 L’art de M. Ueshiba

Comme je l’ai dit en introduction, l’aikido est la création de M. Ueshiba. Le maîtriser peut sembler être le but de sa pratique mais se maîtriser serait sans doute un idéal plus élevé et en même temps plus accessible. Il est évident que cet art n’est ni supérieur, ni inférieur à un autre : il convient ou il ne convient pas à celui ou celle qui le pratique. On y vient pour des raisons diverses et variées mais on y reste parce qu’on a le sentiment de devenir « meilleur », non de manière morale ou absolue, mais dans un sens personnel, sans doute différent pour chacun d’entre nous. Et lorsque ce sens entre en accord avec le principe « aiki », alors on est sans doute sur la bonne voie… mais on est loin d’être arrivé ! Heureusement !

 Rémi Soufflet.

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